Mi-août à fin septembre : c'est la période la plus critique de l'année pour le frelon asiatique à pattes jaunes. Les colonies atteignent leur taille maximale et entament la production des futures reines, ce qui les rend nettement plus agressives. Voici comment reconnaître ce nuisible invasif, comprendre le risque et réagir dans les règles.

Pourquoi cette fenêtre est particulièrement surveillée

Un nid de frelon asiatique peut héberger entre 6 000 et 15 000 individus à son apogée, généralement atteinte en fin d'été. À partir de la mi-août et jusqu'à la fin septembre, la colonie élève ses individus reproducteurs, les futures reines et les mâles : l'organisation interne se désorganise, la recherche de nourriture sucrée s'intensifie (fruits mûrs, vendanges, poubelles) et les ouvrières deviennent beaucoup plus défensives autour du nid. C'est la période de l'année où les piqûres sont les plus fréquentes, aussi bien près des habitations que dans les jardins et les vergers. Les nouvelles reines fondatrices émergent en général en toute fin de saison, avant d'hiverner et de fonder de nouvelles colonies au printemps suivant : c'est pourquoi les spécialistes recommandent de faire détruire un nid avant cette échéance plutôt que d'attendre l'hiver.

Comment le reconnaître

Le frelon asiatique se distingue du frelon européen par un corps plus sombre, un thorax presque noir et des pattes jaunes caractéristiques à leur extrémité. Son nid, en forme de sphère ou de poire, est fait d'une matière proche du papier mâché grisâtre ; il est souvent construit en hauteur dans un arbre, mais peut aussi se nicher dans une haie, sous un toit ou dans une cavité murale, parfois à hauteur d'homme.

Un double danger : sanitaire et écologique

Reconnu comme un danger sanitaire de deuxième catégorie et une espèce exotique envahissante, le frelon asiatique présente un risque de piqûres multiples en cas d'intrusion près du nid, avec un risque de choc anaphylactique pour les personnes allergiques. Il représente aussi une menace directe pour la biodiversité locale : il chasse activement les abeilles domestiques devant leurs ruches, ce qui peut affaiblir durablement les colonies apicoles d'un secteur, en particulier à cette période de l'année où le besoin en sucres rapides est maximal.

Ce que la loi impose désormais

La loi du 14 mars 2025 et son décret d'application de fin décembre 2025 ont créé un plan national de lutte contre le frelon asiatique, décliné en plans départementaux pilotés par les préfectures. Concrètement : tout nid découvert sur une propriété privée doit être signalé sans délai, actif ou non, auprès de la mairie ou via la plateforme nationale de signalement hébergée par le Muséum national d'Histoire naturelle. La destruction n'est en revanche obligatoire que si le nid constitue un risque avéré pour la sécurité publique ou pour la biodiversité, une évaluation qui revient aux autorités compétentes et aux professionnels agréés, jamais aux particuliers eux-mêmes. Seuls 5 à 10 % des nids présents sur le territoire seraient aujourd'hui effectivement signalés, ce qui explique l'effort de sensibilisation renforcé cette saison.

Que faire si vous repérez un nid

1. Gardez vos distances

Ne vous approchez jamais à moins de plusieurs mètres, n'utilisez ni jet d'eau, ni fumée, ni projectile : ces méthodes ne font qu'exciter la colonie sans la détruire.

2. Signalez le nid

Prévenez votre mairie ou utilisez la plateforme nationale de signalement dès la découverte, même si le nid semble inactif.

3. Faites intervenir un professionnel équipé

Seul un professionnel certifié, disposant d'une combinaison intégrale et de produits adaptés, peut neutraliser un nid en toute sécurité, souvent en fin de journée lorsque l'activité de la colonie diminue.

Sources