Les températures baissent, les feuilles tombent et l'activité des guêpes semble se calmer : beaucoup de particuliers en concluent, à tort, qu'un nid repéré à cette période ne présente plus aucun risque. En réalité, tant que les premières gelées ne sont pas passées, un nid de guêpes ou de frelons peut rester actif et défensif. Voici ce qu'il se passe réellement dans la colonie à cette période de l'année, et la conduite à tenir.
Un cycle biologique qui touche à sa fin, mais pas terminé
Une colonie de guêpes ou de frelons ne survit jamais à l'hiver. La reine fondatrice, les ouvrières et les mâles meurent tous avec l'arrivée du froid, généralement après les premières gelées marquées. Mais entre le moment où la chute des températures commence et ces premières gelées, il peut s'écouler plusieurs semaines pendant lesquelles la colonie reste bien vivante. Tant qu'il fait suffisamment doux dans la journée, les ouvrières continuent de sortir chercher de la nourriture et de défendre l'accès au nid, même si leur nombre diminue progressivement. Un nid observé en octobre n'est donc pas automatiquement un nid mort.
Les nouvelles reines quittent le nid pour hiverner ailleurs
C'est la particularité de cette période de l'année : le nid, en fin de développement, produit ses derniers individus reproducteurs, de futures reines qui vont ensuite le quitter pour chercher un abri d'hiver, le plus souvent dans le sol, sous une écorce ou dans une cavité protégée du gel. Une fois parties, elles n'y reviendront jamais : chaque nid n'est utilisé qu'une seule saison, jamais réinvesti l'année suivante, y compris chez le frelon asiatique. Cela ne rend cependant pas le nid inoffensif dans l'intervalle : tant que des reines et des ouvrières y circulent encore, l'approcher reste risqué, en particulier pour les personnes allergiques aux piqûres.
Comment savoir si un nid est encore actif
Sans s'approcher, il est possible d'observer l'entrée du nid à distance, en milieu de journée lorsque les températures sont les plus douces : des allées et venues régulières d'insectes signalent une colonie toujours en activité. À l'inverse, une absence totale de mouvement pendant plusieurs jours d'affilée, par temps doux, peut indiquer un nid en fin de vie. La chute des feuilles est aussi le moment où l'on découvre le plus de nids installés en hauteur dans les arbres, jusque-là masqués par le feuillage : un nid qui apparaît soudainement visible n'est pas forcément récent, il était simplement caché.
Faut-il le faire détruire avant l'hiver ?
Un nid isolé, hors de portée et loin de toute zone de passage, peut parfois être laissé en place jusqu'à sa fin naturelle : le gel s'en chargera. La situation change dès que le nid se trouve près d'une entrée, d'une terrasse fréquentée, d'une fenêtre, ou dans un lieu où passent des enfants, des personnes allergiques ou des animaux domestiques. Dans ce cas, la prudence impose de le faire neutraliser sans attendre la fin de saison, plutôt que de miser sur l'arrivée du froid. Un professionnel certifié peut intervenir sous 24h pour évaluer la situation et neutraliser le nid en toute sécurité si nécessaire.
Le cas particulier du frelon asiatique
Chez le frelon asiatique à pattes jaunes, espèce exotique envahissante classée danger sanitaire, la loi impose de signaler tout nid découvert sur une propriété privée, qu'il soit encore actif ou déjà silencieux, auprès de la mairie ou via la plateforme nationale de signalement hébergée par le Muséum national d'Histoire naturelle. Ce signalement reste utile même en toute fin de saison : il permet aux autorités de suivre la présence de l'espèce sur le territoire et de mieux cibler la surveillance au printemps suivant, lorsque les nouvelles reines fondent leurs colonies.
Les erreurs à éviter en cette fin de saison
Décrocher soi-même un nid qu'on croit vide
Un nid silencieux depuis quelques jours peut redevenir actif dès un redoux. Le manipuler à mains nues ou avec une simple échelle, en pensant qu'il est abandonné, reste une source fréquente de piqûres.
Le brûler ou l'arroser pour « en finir »
Ces méthodes ne détruisent pas un nid en profondeur, même affaibli en fin de saison. Elles présentent un risque d'incendie, de chute et de piqûres multiples, sans garantir l'élimination de la colonie restante.
Ignorer un frelon asiatique sous prétexte que « la saison se termine »
Les nouvelles reines produites à cette période sont justement celles qui fonderont les colonies du printemps suivant. Ne pas signaler un nid en fin de saison revient à laisser filer l'information la plus utile pour limiter l'expansion de l'espèce l'année d'après.